Au cœur de la nuit des hommes

au cœur de la nuit des hommes........

« Quelque chose parle, entre les lignes, entre les mots, entre les regards. Cette intensité ne me quitte plus, ce langage-lumière a inondé mes sphères.
La vie me parle, entre les espaces, les secondes, les sons, les sourires, les absences, les corps. Mes nuits n’en sont plus. Je veille. Je vole. Mes nuits et mes jours ont la même présence. Le poids, l’épaisseur de la nuit des hommes-enfants, glissant dans le soir, inconscients, pèsent encore sur mon âme.

Elle s’endormira tôt ou tard elle aussi, séchant ses larmes, ses mémoires, au profit de l’Esprit. Patience…. alors que la lumière forge mes atomes, comme les coups de marteau sur le glaive résonnent.
Mon soleil au zénith, devenu éternel. Mon cœur, lampe allumée au chevet de ta douleur, de ton espoir et de tes peurs. Embrassant de mon manteau tes douleurs. Souriant dans les éthers à ton corps transparent, marchant ensemble sur le chemin de l’homme-nouveau, se parlant sans un mot. A la lisère du rêve ou dans les mondes parallèles.
Entends-tu ?
C’est la musique du nouveau monde qui vibre à tes oreilles, qui t’interpelle. N’aies pas peur. Partout je suis là, fusionnant au silence, glissant dans les plans multiples, apaiser tes craintes, supporter le passage. Prends appui avant de retrouver ta source, de reprendre ton souffle, de passer la porte du cœur ; La lumière y est vive et bleutée, sillonnant des réseaux, dans mes os, dans les eaux. Insaisissables et purs. Nouvelle architecture.
Voir l’invisible n’est pas une sinécure : Ne s’attacher à rien, ni tenter de comprendre, laisser l’amour et son langage transformer ton paysage. Écouter et se taire. Tout accueillir dans ton centre, absorber les échos, et laisser repartir le mouvement sans ego. Sans bouger, sans intervenir. Se faire petit.

J’entends ce chant….depuis des mois ardemment qui m’appelle. Des décennies déjà. Mon cœur rayonnant un peu plus, au détour des rencontres, dont certaines déchirent le voile de l'ignorance par leur éclat, vous libère. La lumière dans l'homme est si belle, si belle. Incroyable qu'il ne la voit pas.

J'entends ce langage-lumière mais ne le comprends pas, mon mental est absent, paralysé par ses limites, cristallisé dans le mensonge planétaire. Je le soumet alors à mon cœur clairvoyant. C'est innommable.
Comment te l’expliquer avant de disparaître ? Par ma présence peut-être. Le silence m'absorbe. Le feu de mon cœur me consume.
L'architecture de mon être brûle ses dernières fondations reposant dans un vide abyssal et stable pourtant. Les bois de mon histoire ont brûlé en silence, et leurs cendres se dispersent jour après jour, si bien que derrière,
mes souvenirs sont sourds. Et l’histoire disparaît, inéluctablement, insignifiante, faisant naître une légèreté nouvelle, celle de n’avoir jamais été.

Je suis fidèle à ton cœur, et le reste, éternellement, comme si je l’avais toujours été, avant de se connaître, sans s’être rencontré. Peu importe car sur Terre, c’est seulement un regard, une réalité où nous sommes aveuglés, sans jamais capter dans les sphères, l’éternité. Transcender même la mort, entrer dans sa lumière, conduire le corps comme un vaisseau dans la maîtrise de notre grandeur, de notre essence première.
Si proche si proche, la frontière est mince, une seconde pourrait me faire basculer, avant cela j’essaie de nommer, pour que tu entendes toi aussi."

 

Emilie Labourdette©