Nouvel homme

Quand le savoir te sera donné, ton humanité aura peur.
L’amour t’étreindra nuit et jour, ton humanité aura peur,
Ton cœur dira oui, une part de toi peut-être encore dira non.
Translation des réalités. Laisse aller. Laisses-toi consumer.
Quelques mois, quelques heures, peu importe,
Tu avances vers l’éternel.
Comme des silex qui s’entrechoquent,
Ta flamme vaincra la résonance du choc.
Confies toi, parle ;
car les mots agissent,
Le verbe anime et lisse, il éclaire le réel.
Le mouvement attend ta présence
pour dénouer l’intrigue de ton ignorance.
Ose te confier. Te dévoiler. Écrit.
Laisse-toi parler depuis depuis ton intériorité.
Chaque seconde éclairera ton antre,
A chaque seconde tu choisiras qui entre.

J’ai vécu l’immensité, j’ai cru mourir.
Peut-être, quelque chose de moi est mort.
Ce que je croyais être, ce que je n’ai jamais été.
J’ai nommé. J’ai aimé. J’ai accepté ;
De ne rien savoir, ne rien comprendre.
Accepter l’abîme, voir l’horreur du monde,
voir l’ampleur du rêve. Éprouver sans trêve.
Traverser l’umbral de la mort, claquer la porte.
Embrasser les anges,
ne plus croire.
Délaisser les effets, les impacts,
Émotions et pensées qui nous arnaquent.
Car d’abord, croyant être le support du mouvement,
Je souffrais. Encore la dualité..
Fût-il immense, si beau,
encore souffrir ?
Allons…. « Continues », ça disait.

J’ai aimé encore, mon cœur apprivoisant son souffle,
deux fois plus grand, deux fois plus fort
au contact des êtres, posés sur ma route.
J’ai explosé 100 fois, du trop, du vide, du plein de « ça ».
L’innommable.
J’ai veillé,
veillé encore,
au brasier du silence de mes nuits,
Collé à mes contours et à mes insomnies.
Veillé au chevet des malades, des affaiblis,
connus, inconnus, morts ou vivants.
J’ai erré jusque dans mes os, arborés les vaisseaux, les réseaux,
sillonnant mon corps par force, monde féroce
, presque agonisant, des nuit durant,
vécu le feu dedans, des courants électrisants.
Et reprise du souffle, me disant," ça y est"
avant que la horde reviennent m’emporter.

Alors, J’ai compris
que j’étais la puissance du mouvement,
ce qui agit.
Délivrance. une partie du moins

Le corps, théâtre des opérations. Le théâtre de Soi.
Pour voir ce que l’on est, ce que l’on est pas.
Matière comme support, Lumière comme essor.
Au sein de ta matrice, brise tes visions,
n’attaches à rien
ton ascension. Même au feu de l’Amour, ne plie pas.
Rien au-dessus de toi.
Contemples en ton temple.
Le sillon du nouvel homme que tu es,
que tu seras.

Emilie Labourdette©